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Coordonnateur SPS - H/F ( CDI)

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L’usage des antibiotiques…

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L'usage des antibiotiques pour l'élevage des animaux, un problème de santé publique

Si l'utilisation d'engrais et de pesticides posent des problèmes graves pour la qualité de l'eau du robinet à tel point qu'en certaines régions son utilisation pour l'alimentation des nourrissons est interdite et déconseillée pour les adultes, l'utilisation des antibiotiques pour l'alimentation des animaux et la médecine vétérinaire pose un problème de santé publique.

manger bioLa résistance des bactéries aux antimicrobiens et en particulier aux antibiotiques constitue selon la Commission Européenne « un problème mondial de santé publique » causant chaque année la mort de 25 000 personnes en Europe1.
La Commission, si elle souligne l'usage inapproprié des antibiotiques en médecine humaine, pointe la responsabilité de l'utilisation des antibiotiques pour l'élevage ou le traitement préventif ou thérapeutique des animaux.

La Commission s'appuie sur les avis scientifiques rendus notamment par le Centre Européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) qui est très alarmiste et rappelle que :

« La médecine moderne est fondée sur le recours à des antibiotiques efficaces (...) Sans antibiotiques efficaces, ce sera la fin des soins intensifs, des greffes d'organes, de la chimiothérapie anticancéreuse, de la prise en charge des prématurés ou même des interventions aussi banales qu'une pose de prothèse de hanche ou du genou ».

L'ECDC impute aux infections nosocomiales provoquées par les bactéries multi-résistantes un nombre de décès de 1 cas sur 3, voire 1 cas sur 2 de l'ensemble des infections hospitalières.

Si en 2006, l'Union Européenne a enfin pris la décision d'interdire l'usage des antibiotiques pour stimuler la croissance des animaux, cela reste possible dans d'autres pays et notamment aux Etats-Unis. De plus, l'utilisation en Europe d'aliments médicamenteux contenant des antibiotiques reste autorisée.

Des bactéries ordinaires ont développé des résistances aux antimicrobiens administrés aux animaux.
La résistance aux antimicrobiens se transmet de l'animal à l'homme par l'ingestion d'aliments et le contact avec les animaux. Cette résistance se propage d'un pays à l'autre et d'un continent à l'autre à l'occasion des déplacements des personnes mais également du fait des va-et-vient des bovins entre les différents pays d'Europe. Ces déplacements varient en fonction des montants des primes à l'engraissement plus ou moins importantes dans les pays selon les mystères de la politique agricole européenne et en fonction des cours2.

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Dans sa communication, la Commission Européenne déplore l'utilisation dans la médecine vétérinaire d'antimicrobiens très importants pour l'homme. Elle souligne qu'il a été démontré que les porcins constituent un réservoir important pour le staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM) causant des infections nosocomiales graves et dont le choix du traitement est limité.

L'amélioration des conditions d'élevage, y compris dans l'aquaculture permettrait de réduire l'utilisation des antimicrobiens. Visiter un élevage de volaille ou un élevage de saumon en Norvège est édifiant. Une poule pondeuse en élevage traditionnel ne dispose pas d'une surface correspondant à une feuille de papier A4.
De même, pour l'utilisation des antibiotiques, l'application dans les élevages traditionnels des protocoles imposés aux élevages respectant les critères de l'agriculture biologique constituerait une voie déjà expérimentée et à la hauteur des enjeux de santé publique. Quels sont, pour l'essentiel, ces protocoles ?

manger bio L'utilisation de médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse ou d'antibiotiques à des fins de traitement préventif est interdite.

Les produits phytothérapiques, les produits homéopathiques, les oligo-éléments sont utilisés de préférence aux médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse ou aux antibiotiques

Si les mesures prévues se révèlent inefficaces pour combattre la maladie ou traiter la blessure et si des soins sont indispensables pour épargner des souffrances ou une détresse à l'animal, il est possible de recourir de façon limitée à des médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse ou à des antibiotiques sous la responsabilité d'un médecin vétérinaire.

Le délai d'attente entre la dernière administration, dans les conditions normales d'usage, de médicaments allopathiques vétérinaires à un animal et la production de denrées alimentaires provenant de cet animal dans le cadre de l'agriculture biologique est doublé par rapport au délai d'attente légal ou, en l'absence de délai légal, est fixé à 48 heures3.

manger bioCes règles se révèlent suffisantes car les conditions d'élevage, la meilleure qualité de la nourriture permettant de renforcer les défenses immunitaires des animaux, leur espace d'évolution plus important, de moindres déplacements et de moindres sources de stress, de meilleures conditions d'hygiène, permettent de limiter le recours aux antimicrobiens.

Malheureusement dans ses recommandations, la Commission Européenne, au lieu d'imposer l'abandon de modes d'élevage indignes causant souffrances, maladies et par suite la nécessité de traitements antibiotiques, propose entre autres mesures « l'élaboration de(s) recommandations sur l'utilisation prudente des antimicrobiens en médecine vétérinaire » et également le lancement de programmes de recherche de nouveaux antibiotiques.

L'illusion que la science pourra peut-être résoudre à une échéance incertaine un problème aussi grave que la perte d'efficacité d'antibiotiques aussi importants que ceux utilisés en chimiothérapie anticancéreuse, pour les actes chirurgicaux ou pour le traitement des maladies nosocomiales est tout simplement consternant de légèreté et d'imprévoyance et montre le poids des lobbies pharmaceutiques et de l'agro-alimentaire.

1-Communication de la Commission Européenne au Parlement Européen et au Conseil en date du 15/11/2011 : Plan d'action pour combattre les menaces croissantes de résistance aux anti-microbiens

2-Des fraises en hiver, Claude-Marie Vadrot, Delachaux et Niestlé, 2010

3-RÈGLEMENT (CE) N° 834/2007 DU CONSEIL du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et à l'étiquetage des produits biologiques
- RÈGLEMENT (CE) N° 889/2008 DE LA COMMISSION du 5 septembre 2008 portant modalités d'application du règlement (CE) N° 834/2007 en ce qui concerne la production biologique, l'étiquetage et les contrôles

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